Bestioles venimeuses

10.04.2017

J’ai quitté le camp fixe où je résidais avec Slooki pour parcourir de nouveaux déserts accompagné de mon ami Ahmed.

Bestioles venimeuses

Il m’a avoué avoir eu peur pour moi tous les jours car ce qu’il ne m’avait pas dit c’est qu’il avait vu avant de me quitter il y a quatre semaines des scorpions autour de ma tente. Je sais qu’il y en a beaucoup dans ce désert mais on ne les voit pas. Si on ne fait rien, le scorpion jaune peut donner la mort en 30 minutes. C’est la raison pour laquelle, j’ai toujours à portée de main un aspi venin. Récemment nous avons vu passer sur le tapis sur lequel nous étions assis un gros insecte de quatre fois la taille d’un scorpion. La piqure entraine la mort immédiate. Heureusement cela n’arrive pas tous les jours. Ahmed m’a donné un conseil : « Quand tu vois un insecte dangereux tues-le tout de suite. Si tu ne le fais pas, il reviendra te voir. 

Mais Oman est un beau pays et très sûr. Il n’y a que moi pour aller travailler seul dans le désert avec 50° ! 

En guise d’arme de destruction massive, Ahmed m’a laissé son couteau ; avec Raphaël en Indonésie, c’était un couteau suisse. Si je ne l’avais jamais à portée de main, je disposais toujours à proximité d’un aspi venin, précaution que je recommande. Je n’ai vu aucune de ces charmantes bestioles mais à son retour Ahmed s’est montré nettement plus bavard. Il m’a avoué que juste avant de partir, il avait écrasé au camp un scorpion jaune dont le venin est redoutable. Hier soir alors que nous devisions tranquillement, un insecte de couleur sable et de quatre fois la taille d’un scorpion a traversé le tapis sur lequel nous étions assis. Ahmed l’a suivi pour le tuer aussitôt. Je ne connais pas le nom français pour le désigner mais si j’ai compris en cas de piqure, c’est la mort quasi immédiate à ne pas confondre avec la Mort subite qui est une bière mais qui peut donner le même résultat.

Ce matin, poursuite du cours de SVT durant la marche. Rien de tel pour intéresser les étudiants que de les emmener sur le terrain. Si les traces de serpents n’ont plus de secret pour moi, j’ignorais où ils passaient la sainte journée car on ne les voit jamais. Ahmed m’a recommandé de repérer dans le sable les petits cercles avec une pointe au centre. C’est de là qu’ils observent. C‘est également de là que – si vous surprenez le serpent alors qu’il fait la sieste – il viendra vous mordre. Tout cela pour dire que si vous vous séjournez dans le désert, ne partez jamais seul comme je l’ai fait. N’oubliez pas que derrière l’autodérision de ce blog, je dispose quand même d’une bonne expérience de la vie sauvage en Asie et en Afrique de l’Est. Prenez un guide, vous vivrez en toute sécurité des moments exceptionnels dans les déserts d’Oman.

Depuis aujourd’hui, le vent fort apporte un parfum dont l’origine ne laisse planer aucun doute. On se rapproche à grands pas du terme de l’expédition. Je vais enfin pouvoir contempler – et bien plus encore – ce dont je rêve depuis longues semaines.
A demain,