La bicyclette

C’est un Allemand – le baron Karl von Drais – qui, le premier, réalise en 1817 un véhicule à deux roues appelé la draisienne. Les deux roues sont alignées, fixées à un cadre en bois par des fourches. La draisienne permet de progresser à vive allure par propulsion des pieds sur le sol.

Le baron veut prouver la supériorité de son engin sur le cheval : il relie deux villes distantes de 14 km en seulement 1h, ce qui est remarquable pour l’époque. En 1818, la draisienne est brevetée en France et présentée au Jardin du Luxembourg devant des milliers de curieux. L’engin séduit mais fatigue terriblement les jambes et pèse près de 25 kilos. Il tombe en désuétude.

Le vélo entre dans son histoire avec le vélocipède à pédales. On ne sait si l’inventeur est le forgeron écossais, Kirkpatrick Mac Millan en 1839 ou le serrurier français, Pierre Michaud en 1861. Ce dernier est en tout cas considéré comme l’inventeur du pédalier. Le succès populaire du vélocipède à pédales est immédiat. Le confort de l’engin demeure pourtant fort rudimentaire.

 

Pour augmenter la rapidité du vélocipède, la roue avant est agrandie et atteint des dimensions vertigineuses. La roue arrière subit le phénomène inverse. C’est le grand-bi qui apparait au début des années 1870. Dangereux, il est supplanté par la bicyclette de sécurité, ancêtre de la bicyclette moderne. En 1879, H.J. Lawson crée la première bicyclette équipée d’un système de transmission de la force de pédalage par chaîne du pédalier vers la roue arrière.

Il n’y aura plus de changements fondamentaux pour la bicyclette jusqu’à nos jours. Les progrès portent désormais sur le confort, la sécurité et l’efficacité.

Entre 1895 et 1935 le coût du vélo est réduit par 10, faisant un moyen de locomotion populaire. Il sert tant au paysan qu’au citadin mais son intérêt décline après-guerre avec la démocratisation de la voiture. Il est à nouveau apprécié depuis les années 1970 et s’impose aujourd’hui comme une alternative écologique aux véhicules motorisés.

Le vélo est très apprécié en tant que loisir mais aussi comme sport avec la course. La première de l’histoire s’est déroulée le 31 mai 1868 dans le parc de Saint-Cloud. Elle est remportée par le Britannique James Moore. Quant au premier Tour de France, il s’élance de Montgeron le 1er juillet 1903. Il relie les principales villes françaises, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes et Paris, en six étapes, pour un parcours total de 2 428 km. Le vainqueur est Maurice Garin, coureur d’origine italienne naturalisé français en 1901.

La France a émis de nombreux timbres dédiés au vélo, lequel est aussi utilisé par les facteurs pour distribuer le courrier comme nous l’avons déjà évoqué.

Le privilège d’avoir été la première poste cycliste revient à la Compagnie des messagers nationaux, un organisme parisien chargé de transporter les petits colis postaux dans la capitale. La société émet à cette occasion ses propres timbres en août 1886. En juillet 1944 alors que les bombardements alliés pilonnent les troupes d’occupation et désorganisent les communications, le gouvernement encourage la création de liaisons postales par cyclistes.

Pour l’anecdote, c’est la poste de Bochum en Allemagne qui a émis en 1887 les premiers timbres représentant un facteur sur une bicyclette. Cela aurait sûrement fait plaisir et intéressé le baron Karl von Drais à l’origine de l’histoire du vélo.